Où comment découvrir toute la philosophie des gouttières, en discutant avec Rey de la Mancha, le chat.

vendredi 27 novembre 2009

Le moulin à vent

*

- Le chat ! Arrête de tourner comme un moulin à vent !!!
- J’tourne pas, je cherche ! J’les retrouve plus !!! J’les avais rangées, mais j’aurais pas dû, pasque maintenant j’les retrouve plus !!! Pchiiiii !!!
- Tu viens de découvrir le plaisir du rangement. Ca secoue hein ?
- Plaisir ? Pfff ! J’te dis que je les retrouve plus et toi tu fais rien que m’enfoncer la tête dans les plumes !
- Nan. J’enfonce pas ta tête. Je dis juste que quand on range, on range. Après faut pas s’étonner si on retrouve plus rien.
- Mais c’est pas comme ça que ça doit être : quand on range c’est pour retrouver, pas pour rester le bec dans l’eau quand on a besoin !
- Ca, c’est la théorie. Après y’a la pratique …
- Théorie pratique ? Aide-moi donc au lieu de rien !
- Poses-toi les bonnes questions. Ca va t’aider.
- Ah bon ? Où qu’elles sont ?
- Nan. Ca, c’est pas une bonne question. Faut d’abord dire : pourquoi j’les ai rangées ?
- Vouiiiiiii ! Pourquoi que je les ai rangées, hein, tu peux me dire ?
- Ehhh ! C’est toi matou qui doit trouver la réponse !
- Pffff ! Bon … j’les ai rangées pour les retrouver plus vite.
- Ah tu vois.
- Nan. J’les vois pas. Ca fonctionne pas ton truc !
- Si ça fonctionne, maintenant faut chercher.
- Mêêêê … J’fais que ça, chercher !
- Où tu cherches ?
- Partout ! Absolument par…tout j’te dis ! Mais j’trouve pas !
- T’as regardé dans l’placard ?
- Nan.
- Sous l’buffet ?
- Nan.
- Derrière les coussins ? Sous le canapé ? Dans l’frigo ? A côté du …
- Nan nan et nan ! Je cherche j’te dis, je cher-cheuuuu ! J’fais pas l’ménage !
- Mais où t’as regardé alors ?
- Dans la neige.
- Ah !
- Dans la rivière.
- Hin hin … Et y’avait rien ?
- Nan. Que du mouillé et d’l’eau.
- Et dans ton panier ? T’as regardé dans ton panier ?
- Hiiiiiiiiii ! Mon panier !!! C’est là !!! C’est là qu’elles sont !!!
- Euh … Quoi ?
- Mes bottes ! Mes bottes en caoutchouc ! Tu comprends, j’dois les accrocher à la cheminée, pour que les cadeaux y tombent dedans tout rôtis, alors faut que je me grouille sinon l’père Noël y va même pas s’arrêter, et les cadeaux ? Que dalle !
- Attends un peu là : j’voudrais pas te contrarier, mais c’est pas encore l’moment et de toute façon, c’est pas des bottes qu’on pend à la cheminée, c’est des chaussettes !
- Des chaussettes ? T’es sûre ?
- Oui.
- Euh … Sont où mes chaussettes ? J’les ai rangées …

Kodama









Moi mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m'ont porté de l'école à la guerre
J'ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère.

Moi mes souliers ont passé dans les prés
Moi mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d'une.

Sur mes souliers y'a de l'eau des rochers
D' la boue des champs et des pleurs de femmes
J' peux dire qu'ils ont respecté le curé
L' pays, l' bon Dieu et l'âme.

S'ils ont marché pour trouver l' débouché
S'ils ont traîné de village en village
Suis pas rendu plus loin qu'à mon lever
Mais devenu plus sage.

Tous les souliers qui bougent dans les cités
Souliers de gueux de souliers de reine
Un jour cesseront d'user les planchers
Peut-être cette semaine.

Non mes souliers n'ont pas foulé Athènes
Moi mes souliers ont préféré les plaines
Quand mes souliers iront dans les musées
Ce s'ra pour s'y accrocher.

Au paradis paraît-il mes amis
C'est pas la place pour les souliers vernis
Dépêchez-vous de salir vos souliers
Si vous voulez être pardonnés.
Si vous voulez être pardonnés

jeudi 19 novembre 2009

Z'êtes pour ou contre ?

*
Je suis pour. Si j’étais contre je perdrais mon temps ici. Et c’est pas le moment, parce que mon temps il a une vie de bâton de chaise : hier, par exemple, il a pris un coup de vieux, comme ça, juste pour passer la journée (en ce moment y fait rien qu’à vieillir juste pour me contrarier, y fonce dans l’brouillard comme si il avait le feu aux fesses !).

Et vas-y qu’il bougonne un truc à la noix façon « chui sûr qu’elle va être contre … si elle fait ça, j’lui dirai pourquoi t’es contre ? tu fais ta tête de mule, c’est juste pour contredire … » Tu penses comme moi j’avais pas envie de me lancer dans le discours. Il était même pas 3h du mat’ ! J’ai fait comme si j’l’avais entendu : j’ai juste dit « euh … nan j’chui pour … ». Voilà qu’il marche arrière à toute pompe (même que j’en ai rajeuni d’une demi-vie !) « quoi t’es pour ? c’est maintenant que tu le dis ? c’est du n’importe quoi ! t’as même pas compris la question : c’est option 1 oui et option 2 non. Si tu dis oui comme ça, ça veut rien dire. C’est pareil si tu dis non. Mais toi t’es du genre à pas réfléchir !»

Et après … plus de 2 minutes ça a duré ! Pfff ! Et que du monologue à deux … « j’chui pour, tu vois, mais pas complètement pour, juste un peu pour … Ouais, en fait t’es pas assez contre, c’est comme si t’étais que un peu moins pour le contre … euh … yep, mais que un peu hein, parce que je peux pas être pour ce contre là … c’est c’que je dis pour c’est pas contre mais des fois c’est pas loin … nan mais c’est pas tout près non plus, c’est comme si je disais je suis pour le contre mais pas complètement c’est plutôt comme contre mais pas assez pour que ce soit pas un peu pour … » Un truc de ouf !

Bon. J’me décide, je vote : je suis contre.

.... et meeerde ! j'ai perdu mon temps ! Où qu'elles sont les cloches de Pâques ???

mardi 3 novembre 2009

L’incendie du Loch Ness ?

*

- Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi t’as mis ton casque le chat ?
- C’est Paulo belles pattes ! Y m’a dit que y’avait l’feu au lac !
- Ah ?
- Et que fallait s’dépêcher, sinon tout va cramer et après les poiscailles y seront SDF !
- Mmmm … T’es sûr que t’as bien tout compris ? Ce serait pas plutôt qu’il a le feu au derrière ?
- Toi, jette pas d’l’huile sur le feu ! Bien sûr que j’ai tout compris ! D’abord y sentait pas l’roussi le Paulo, alors pour le feu là où tu dis, ça se peut pas. Et après, il a dit lambine pas, faut que tu viennes dare dare, ça fume de partout, l’eau elle a viré geyser ! Ca chauffe !!!
- Oh ! Il a dit geyser ?
- Oui. C’est à cause du robinet qu’a fondu.
- Qué robinet ?
- L’robinet qu’est au fond du lac.
- Y’a pas de robinet au fond du lac.
- Si y’en a. Sinon comment tu voudrais que la flotte elle coule ? Y’a des fois où tu réfléchis pas ! Il a fondu l’robinet, pasque y’a l’volcan qu’a explosé.
- Hin hin … Le volcan … qu’a explosé …
- Le volcan qu’est au-dessous, que même on le voit pas, à cause que l’eau elle le cache. Mais y couve tout l’temps et dès que y’a l’tremblement de terre, ça lui titille. Alors y pète !
- Le tremblement de terre …
- Olala ! Décidément, t’y connais rien au sismique ! D’abord y’a les placards toniques qui bougent, à cause que la terre elle est fabriquée comme un puzzle, avec que du ramassis d’cailloux…
- C’est pas des placards, c’est des plaques. Des plaques tectoniques.
- Si tu veux. Donc les trucs y tiennent pas en place : ça écrabouille la caillasse qui finit compressée comme c’est pas possible. Y’a plus assez d’place pour tout et ça pousse de tous les côtés ; alors ça s’disloque et ça fait comme un trou en pointe qui déborde dans l’eau. J’te dis pas comment ça gicle, la flotte quand l’tonique y fuse ! Y’a tout qui tremble. C’est pour ça qu’on dit tremblement de terre.
- Euh … là, c’est tremblement de flotte …
- Pareil ! C’est pareil. Donc y’a l’tremblement. Comme le volcan il aime pas la flotte, y se met à cracher grave. Là ça devient chaud comme la fournaise …
- Ahhhh ! Ma tête, fournaise où mon esprit s’allume, jette le vers d’airain qui bouillonne …
- Y’a pas d’vers dans l’eau chaude.
- Chez Hugo, si.
- Hugo ? Enfin bon … Admettons qu’en gros, tu commences à piger l’sens. Mais elle est trop chaude l’eau, alors le robinet y fond. Et faut se grouiller d’aller éteindre le feu, sinon on a dégâts des eaux en plus. C’est pour ça que j’ai mon casque des fois que ça me retombe sur le poil et que j’aime pas quand c’est mouillé.
- Et tu vas aller danser sur un volcan ? Houlà, ça c’est d’la bravoure !
- Nan. C’est pour les poissons que j’y vais.
- T’as faim ?
- Pchiii ! C’que tu peux être soupçonneuse ! Nan j’ai pas faim. J’vais les sauver : j’mets de l’eau dans mon casque et j’les colle dedans. Comme ça, y sont pas SDF. C.Q.F.D. !
- En fait, tu fais bon voisin.
- Exactement. Et j’les garde jusqu’à ce qu’ils trouvent un autre bocal.
- Un autre lac tu veux dire.
- Un lac ? Pourquoi un lac ? C’est des poissons rouges ! Vivent pas dans un lac ! Y z’ont leur bocal qu’est tombé dans la cheminée, alors boum ! Le bocal s’met à faire cocotte minute, les bûches explosent et vas-y que la fumée elle plane partout ! Tout foutu le bocal ! Dev’nu tout noir qu’on voit même plus la lumière au travers, et les machins qu’étaient dedans ? Reste plus que dalle ! Une vraie cata !
- Mais dis donc, c’est quoi le lien avec le feu au lac de Paulo ?
- Ca ? Bin c’est pour dire qu’en fait, y l’ont échappé belle, pasque y’aurait pu avoir le feu. Dans l'bocal. Et là, j’te raconte même pas !
- …

Kodama