Où comment découvrir toute la philosophie des gouttières, en discutant avec Rey de la Mancha, le chat.

jeudi 19 novembre 2009

Z'êtes pour ou contre ?

*
Je suis pour. Si j’étais contre je perdrais mon temps ici. Et c’est pas le moment, parce que mon temps il a une vie de bâton de chaise : hier, par exemple, il a pris un coup de vieux, comme ça, juste pour passer la journée (en ce moment y fait rien qu’à vieillir juste pour me contrarier, y fonce dans l’brouillard comme si il avait le feu aux fesses !).

Et vas-y qu’il bougonne un truc à la noix façon « chui sûr qu’elle va être contre … si elle fait ça, j’lui dirai pourquoi t’es contre ? tu fais ta tête de mule, c’est juste pour contredire … » Tu penses comme moi j’avais pas envie de me lancer dans le discours. Il était même pas 3h du mat’ ! J’ai fait comme si j’l’avais entendu : j’ai juste dit « euh … nan j’chui pour … ». Voilà qu’il marche arrière à toute pompe (même que j’en ai rajeuni d’une demi-vie !) « quoi t’es pour ? c’est maintenant que tu le dis ? c’est du n’importe quoi ! t’as même pas compris la question : c’est option 1 oui et option 2 non. Si tu dis oui comme ça, ça veut rien dire. C’est pareil si tu dis non. Mais toi t’es du genre à pas réfléchir !»

Et après … plus de 2 minutes ça a duré ! Pfff ! Et que du monologue à deux … « j’chui pour, tu vois, mais pas complètement pour, juste un peu pour … Ouais, en fait t’es pas assez contre, c’est comme si t’étais que un peu moins pour le contre … euh … yep, mais que un peu hein, parce que je peux pas être pour ce contre là … c’est c’que je dis pour c’est pas contre mais des fois c’est pas loin … nan mais c’est pas tout près non plus, c’est comme si je disais je suis pour le contre mais pas complètement c’est plutôt comme contre mais pas assez pour que ce soit pas un peu pour … » Un truc de ouf !

Bon. J’me décide, je vote : je suis contre.

.... et meeerde ! j'ai perdu mon temps ! Où qu'elles sont les cloches de Pâques ???

mardi 3 novembre 2009

L’incendie du Loch Ness ?

*

- Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi t’as mis ton casque le chat ?
- C’est Paulo belles pattes ! Y m’a dit que y’avait l’feu au lac !
- Ah ?
- Et que fallait s’dépêcher, sinon tout va cramer et après les poiscailles y seront SDF !
- Mmmm … T’es sûr que t’as bien tout compris ? Ce serait pas plutôt qu’il a le feu au derrière ?
- Toi, jette pas d’l’huile sur le feu ! Bien sûr que j’ai tout compris ! D’abord y sentait pas l’roussi le Paulo, alors pour le feu là où tu dis, ça se peut pas. Et après, il a dit lambine pas, faut que tu viennes dare dare, ça fume de partout, l’eau elle a viré geyser ! Ca chauffe !!!
- Oh ! Il a dit geyser ?
- Oui. C’est à cause du robinet qu’a fondu.
- Qué robinet ?
- L’robinet qu’est au fond du lac.
- Y’a pas de robinet au fond du lac.
- Si y’en a. Sinon comment tu voudrais que la flotte elle coule ? Y’a des fois où tu réfléchis pas ! Il a fondu l’robinet, pasque y’a l’volcan qu’a explosé.
- Hin hin … Le volcan … qu’a explosé …
- Le volcan qu’est au-dessous, que même on le voit pas, à cause que l’eau elle le cache. Mais y couve tout l’temps et dès que y’a l’tremblement de terre, ça lui titille. Alors y pète !
- Le tremblement de terre …
- Olala ! Décidément, t’y connais rien au sismique ! D’abord y’a les placards toniques qui bougent, à cause que la terre elle est fabriquée comme un puzzle, avec que du ramassis d’cailloux…
- C’est pas des placards, c’est des plaques. Des plaques tectoniques.
- Si tu veux. Donc les trucs y tiennent pas en place : ça écrabouille la caillasse qui finit compressée comme c’est pas possible. Y’a plus assez d’place pour tout et ça pousse de tous les côtés ; alors ça s’disloque et ça fait comme un trou en pointe qui déborde dans l’eau. J’te dis pas comment ça gicle, la flotte quand l’tonique y fuse ! Y’a tout qui tremble. C’est pour ça qu’on dit tremblement de terre.
- Euh … là, c’est tremblement de flotte …
- Pareil ! C’est pareil. Donc y’a l’tremblement. Comme le volcan il aime pas la flotte, y se met à cracher grave. Là ça devient chaud comme la fournaise …
- Ahhhh ! Ma tête, fournaise où mon esprit s’allume, jette le vers d’airain qui bouillonne …
- Y’a pas d’vers dans l’eau chaude.
- Chez Hugo, si.
- Hugo ? Enfin bon … Admettons qu’en gros, tu commences à piger l’sens. Mais elle est trop chaude l’eau, alors le robinet y fond. Et faut se grouiller d’aller éteindre le feu, sinon on a dégâts des eaux en plus. C’est pour ça que j’ai mon casque des fois que ça me retombe sur le poil et que j’aime pas quand c’est mouillé.
- Et tu vas aller danser sur un volcan ? Houlà, ça c’est d’la bravoure !
- Nan. C’est pour les poissons que j’y vais.
- T’as faim ?
- Pchiii ! C’que tu peux être soupçonneuse ! Nan j’ai pas faim. J’vais les sauver : j’mets de l’eau dans mon casque et j’les colle dedans. Comme ça, y sont pas SDF. C.Q.F.D. !
- En fait, tu fais bon voisin.
- Exactement. Et j’les garde jusqu’à ce qu’ils trouvent un autre bocal.
- Un autre lac tu veux dire.
- Un lac ? Pourquoi un lac ? C’est des poissons rouges ! Vivent pas dans un lac ! Y z’ont leur bocal qu’est tombé dans la cheminée, alors boum ! Le bocal s’met à faire cocotte minute, les bûches explosent et vas-y que la fumée elle plane partout ! Tout foutu le bocal ! Dev’nu tout noir qu’on voit même plus la lumière au travers, et les machins qu’étaient dedans ? Reste plus que dalle ! Une vraie cata !
- Mais dis donc, c’est quoi le lien avec le feu au lac de Paulo ?
- Ca ? Bin c’est pour dire qu’en fait, y l’ont échappé belle, pasque y’aurait pu avoir le feu. Dans l'bocal. Et là, j’te raconte même pas !
- …

Kodama

mardi 20 octobre 2009

Le clandestin

*
- Je l’ai vu ! Il est là, derrière le tas d’bois, y bouge pas, juste posé comme un sphinx.
- Qui ?
- Le loup …
- Oups, t’es sûr le chat ?
- Voui madame, j’ai des grands z’yeux d’lynx moi !
- Euh … Y fait quoi ?
- Y chante.
- Mêêêê ! t’es sûr ? J’entends rien …
- Voui madame, j’ai des grandes z’oreilles de lièvre moi !
- Quand même, y fait pas d’bruit.
- Pfiou … y chante dans sa tête !
- Ah bon, j’me disais aussi …
- Quoi ?
- Qu’il était pas là pour rien.
- Bin nan. Il attend la lune. Pour la croquer.
- T’es sûr ?
- Voui madame, j’ai des grandes dents d’requin moi !
- J’vois pas c’qu’elles viennent faire là, les dents d’requin !
- C’est pour l’croissant ! Comment tu veux qu’on l’croque sinon ? Faut vraiment tout t’dire dans l’détail à toi, tu percutes pas vite !
- J’percute à la vitesse qui m’plait, chat teigne !
- Alibi d’TGV !
- Tout Grandement Valable ?
- Nan. Truc de Gaga Volubile.
- Mmmmm … Mais dis donc, avec tes grands yeux, tes grandes oreilles, tes grandes dents … t’aurais pas comme des vues sur le p’tit chaperon rouge ?
- Bin voilà ! bin voilà, j’en étais sûr comme 1 et 1 ! J’te dis : y’a le loup, et toi tu fonces dans l’poncif !
- Poncif ? Poncif ? Pchiii, t’as pas vu comme t’as ficelé ça avec la corde à amarrer les péniches ? Gros comme un nœud coulant ! Bien fait pour toi si t’as l’cou qui s’y coince !
- Ouais bin moi j’te l’dis, le chaperon, pour un loup c’est peanuts ! Y’a qu’la peau et les os dans un chaperon si tu veux savoir, que même un loup y s’en fout. Pas d’quoi fouetter un chat ! Euh … fouetter l’cocher, j’veux dire.
- T’as bouffé du chaperon ? J’y crois pas !
- Nan. Que la galette et l’beurre. Juste pour pas que le loup y s’empiffre, et qu’après j’soye forcé d’me taper la peau et les os. Chacun à sa place et les moutons seront bien gardés !
- Moutons ? Encore un truc de loup ça.
- Nan. Le loup c’est d’l’agneau, madame. Que du tendre !
- L’a les dents qui s’barrent ?
- Moque toi ! T’as qu’ça à faire ! Dis donc en parlant de dents, tu voudrais pas j’ter un œil, j’en ai une qui a pas l’air d’être dans son assiette …
- Montre. Ah ouais j’vois c’que c’est !
- Faut qu’tu la retires !!! Tire un bon coup d’ssus !!!
- J’peux pas.
- Mais j’sssouufffrreuuuu ! le martyyyyreuuuu ! J’vais m’étioler à force que je pourrais pas mangeeer ! Pourquoi tu veux pas m’sauveeeeeer ??????
- C’est une dent d’sagesse.
- Ah ?
- Ouep.
- Bon.
- Bin voui.

La chanson du loup à la lune – Pour Bifane, à partir des mots de la version originale : Ici


Mon songe creux est un doux dingue
Parmi les dieux
Un rêve qui rêve sous la lune
Et divague entre chien et loup
Sur le chemin des âmes
Vagabondes

Mon rêve fou est un faussaire
Entre deux vérités
Un soupir qui invente le vent
Et se perd entre ciel et terre
Dans les promesses
Moribondes

Lune lune blanche et sombre
Qui fait pleurer les ombres
Et toi le vent qui souffle
Ecoutez la ritournelle
D’un loup aux ailes
Démantelées


Kodama