mardi 3 novembre 2009

L’incendie du Loch Ness ?

*

- Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi t’as mis ton casque le chat ?
- C’est Paulo belles pattes ! Y m’a dit que y’avait l’feu au lac !
- Ah ?
- Et que fallait s’dépêcher, sinon tout va cramer et après les poiscailles y seront SDF !
- Mmmm … T’es sûr que t’as bien tout compris ? Ce serait pas plutôt qu’il a le feu au derrière ?
- Toi, jette pas d’l’huile sur le feu ! Bien sûr que j’ai tout compris ! D’abord y sentait pas l’roussi le Paulo, alors pour le feu là où tu dis, ça se peut pas. Et après, il a dit lambine pas, faut que tu viennes dare dare, ça fume de partout, l’eau elle a viré geyser ! Ca chauffe !!!
- Oh ! Il a dit geyser ?
- Oui. C’est à cause du robinet qu’a fondu.
- Qué robinet ?
- L’robinet qu’est au fond du lac.
- Y’a pas de robinet au fond du lac.
- Si y’en a. Sinon comment tu voudrais que la flotte elle coule ? Y’a des fois où tu réfléchis pas ! Il a fondu l’robinet, pasque y’a l’volcan qu’a explosé.
- Hin hin … Le volcan … qu’a explosé …
- Le volcan qu’est au-dessous, que même on le voit pas, à cause que l’eau elle le cache. Mais y couve tout l’temps et dès que y’a l’tremblement de terre, ça lui titille. Alors y pète !
- Le tremblement de terre …
- Olala ! Décidément, t’y connais rien au sismique ! D’abord y’a les placards toniques qui bougent, à cause que la terre elle est fabriquée comme un puzzle, avec que du ramassis d’cailloux…
- C’est pas des placards, c’est des plaques. Des plaques tectoniques.
- Si tu veux. Donc les trucs y tiennent pas en place : ça écrabouille la caillasse qui finit compressée comme c’est pas possible. Y’a plus assez d’place pour tout et ça pousse de tous les côtés ; alors ça s’disloque et ça fait comme un trou en pointe qui déborde dans l’eau. J’te dis pas comment ça gicle, la flotte quand l’tonique y fuse ! Y’a tout qui tremble. C’est pour ça qu’on dit tremblement de terre.
- Euh … là, c’est tremblement de flotte …
- Pareil ! C’est pareil. Donc y’a l’tremblement. Comme le volcan il aime pas la flotte, y se met à cracher grave. Là ça devient chaud comme la fournaise …
- Ahhhh ! Ma tête, fournaise où mon esprit s’allume, jette le vers d’airain qui bouillonne …
- Y’a pas d’vers dans l’eau chaude.
- Chez Hugo, si.
- Hugo ? Enfin bon … Admettons qu’en gros, tu commences à piger l’sens. Mais elle est trop chaude l’eau, alors le robinet y fond. Et faut se grouiller d’aller éteindre le feu, sinon on a dégâts des eaux en plus. C’est pour ça que j’ai mon casque des fois que ça me retombe sur le poil et que j’aime pas quand c’est mouillé.
- Et tu vas aller danser sur un volcan ? Houlà, ça c’est d’la bravoure !
- Nan. C’est pour les poissons que j’y vais.
- T’as faim ?
- Pchiii ! C’que tu peux être soupçonneuse ! Nan j’ai pas faim. J’vais les sauver : j’mets de l’eau dans mon casque et j’les colle dedans. Comme ça, y sont pas SDF. C.Q.F.D. !
- En fait, tu fais bon voisin.
- Exactement. Et j’les garde jusqu’à ce qu’ils trouvent un autre bocal.
- Un autre lac tu veux dire.
- Un lac ? Pourquoi un lac ? C’est des poissons rouges ! Vivent pas dans un lac ! Y z’ont leur bocal qu’est tombé dans la cheminée, alors boum ! Le bocal s’met à faire cocotte minute, les bûches explosent et vas-y que la fumée elle plane partout ! Tout foutu le bocal ! Dev’nu tout noir qu’on voit même plus la lumière au travers, et les machins qu’étaient dedans ? Tout cuits ! Reste plus que dalle ! Une vraie cata !
- Mais dis donc, c’est quoi le lien avec le feu au lac de Paulo ?
- Ca ? Bin c’est pour dire qu’en fait, y l’ont échappé belle, pasque y’aurait pu avoir le feu. Au lac. Et là, j’te raconte même pas !
- …

Kodama

mardi 20 octobre 2009

Le clandestin

*
- Je l’ai vu ! Il est là, derrière le tas d’bois, y bouge pas, juste posé comme un sphinx.
- Qui ?
- Le loup …
- Oups, t’es sûr le chat ?
- Voui madame, j’ai des grands z’yeux d’lynx moi !
- Euh … Y fait quoi ?
- Y chante.
- Mêêêê ! t’es sûr ? J’entends rien …
- Voui madame, j’ai des grandes z’oreilles de lièvre moi !
- Quand même, y fait pas d’bruit.
- Pfiou … y chante dans sa tête !
- Ah bon, j’me disais aussi …
- Quoi ?
- Qu’il était pas là pour rien.
- Bin nan. Il attend la lune. Pour la croquer.
- T’es sûr ?
- Voui madame, j’ai des grandes dents d’requin moi !
- J’vois pas c’qu’elles viennent faire là, les dents d’requin !
- C’est pour l’croissant ! Comment tu veux qu’on l’croque sinon ? Faut vraiment tout t’dire dans l’détail à toi, tu percutes pas vite !
- J’percute à la vitesse qui m’plait, chat teigne !
- Alibi d’TGV !
- Tout Grandement Valable ?
- Nan. Truc de Gaga Volubile.
- Mmmmm … Mais dis donc, avec tes grands yeux, tes grandes oreilles, tes grandes dents … t’aurais pas comme des vues sur le p’tit chaperon rouge ?
- Bin voilà ! bin voilà, j’en étais sûr comme 1 et 1 ! J’te dis : y’a le loup, et toi tu fonces dans l’poncif !
- Poncif ? Poncif ? Pchiii, t’as pas vu comme t’as ficelé ça avec la corde à amarrer les péniches ? Gros comme un nœud coulant ! Bien fait pour toi si t’as l’cou qui s’y coince !
- Ouais bin moi j’te l’dis, le chaperon, pour un loup c’est peanuts ! Y’a qu’la peau et les os dans un chaperon si tu veux savoir, que même un loup y s’en fout. Pas d’quoi fouetter un chat ! Euh … fouetter l’cocher, j’veux dire.
- T’as bouffé du chaperon ? J’y crois pas !
- Nan. Que la galette et l’beurre. Juste pour pas que le loup y s’empiffre, et qu’après j’soye forcé d’me taper la peau et les os. Chacun à sa place et les moutons seront bien gardés !
- Moutons ? Encore un truc de loup ça.
- Nan. Le loup c’est d’l’agneau, madame. Que du tendre !
- L’a les dents qui s’barrent ?
- Moque toi ! T’as qu’ça à faire ! Dis donc en parlant de dents, tu voudrais pas j’ter un œil, j’en ai une qui a pas l’air d’être dans son assiette …
- Montre. Ah ouais j’vois c’que c’est !
- Faut qu’tu la retires !!! Tire un bon coup d’ssus !!!
- J’peux pas.
- Mais j’sssouufffrreuuuu ! le martyyyyreuuuu ! J’vais m’étioler à force que je pourrais pas mangeeer ! Pourquoi tu veux pas m’sauveeeeeer ??????
- C’est une dent d’sagesse.
- Ah ?
- Ouep.
- Bon.
- Bin voui.

La chanson du loup à la lune – Pour Bifane, à partir des mots de la version originale : Ici


Mon songe creux est un doux dingue
Parmi les dieux
Un rêve qui rêve sous la lune
Et divague entre chien et loup
Sur le chemin des âmes
Vagabondes

Mon rêve fou est un faussaire
Entre deux vérités
Un soupir qui invente le vent
Et se perd entre ciel et terre
Dans les promesses
Moribondes

Lune lune blanche et sombre
Qui fait pleurer les ombres
Et toi le vent qui souffle
Ecoutez la ritournelle
D’un loup aux ailes
Démantelées


Kodama

samedi 17 octobre 2009

Sauvons la planète bleue ...

*
Rondo Veneziano

- T’as vu ça ? Nan mais t’as vu ça ???
- Quoi donc matou ?
- Ahhhh ! Mais t’es miro ! T’as pas vu ??? Elle nous attaque !!!
- Gné ?
- La flotte, la flotte elle nous attaque ! R’garde bien là-haut, elle fonce comme une malade droit sur nous ! Tu vois pas qu’y’a d’l’écume plein l’écran et ses grosses dents de flotte, hein ? Elle les met tout sur l’devant ! Pour nous bouffer à grands coups d’crocs, elle veut nous bouffer j’te dis comme les piafs d’ailleurs !
- Les piafs ?
- Vouiiii ! Tous les piafs qui piaulent, t’entends pas ?
- Les mouettes ?
- Tu les appelles comme tu veux, des piafs c’est des piafs, et l‘autre elle veut les bouffer aussi, elle a même sorti l’artillerie, r’garde moi un peu comme y tracent, des météores c’est rien que des météores qui vont se crasher droit dans nos guibolles si on fait pas gaffe et après comment qu’on fait pour se tirer ? Y sautent comme des cabris pour bien nous r’pérer et quand ils sont sûrs de leur coup, vas-y que j’te fonce dessus ! Z’ont même foutu leur nageoire en radar pour pas nous louper, c’est des féroces, rien que des acharnés que l’autre elle téléguide comme des missiles ! On est mal, ça j’te l’dis ! Faut qu’tu sonnes l’alarme sinon on est mort avant d’s’en rendre compte ! Remue toi, tu cries au loup comme ça les veilleurs y vont v’nir et on est sauvés !
- Les veilleurs ? Y’a des veilleurs ? D’où tu sors ça ?
- Ceux qui font vigiles des planètes ! Pchiii, on est mal barrés avec toi ! Attends, j’pousse le cri de détresse et toi tu t’bouches les oreilles, sinon tes tympans y vont chanter la mélodie du malheur … Allez zou : GOLDORAK GO !
- Goldorak ? Le Goldorak ? T’as vraiment dit Goldorak ? Tu crois pas que c’est un chouia disproportionné ?
- Nan. Quand ça s’présente comme ça, faut pas faire dans la dentelle, tiens d’ailleurs le v’là ! Vas-y Arcturus, tu les pulvérises et t’en fait d’la charpie !



- Euh … dis donc …
- Quoi ?
- Bin, comme ça … Moi j’aime bien le blondinet, y s’rait pas là des fois, lui-aussi ?
- L’capitaine ?
- Uiiiiii …
- Qu’est pas d’not’ galaxie ?
- Uiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
- Si, l’est là. Et t’as pas tort, plus on a d’la défense, mieux c’est. Attends, j’le cherche, y l’est tout l’temps au fin fond d’l’univers, c’est pas dit qu’y s’pointe tout de suite … Ah si.



- Et si tu faisais v’nir aussi le balafré ?
- Vouiiii le corsaire de l’espace ! Rien qu’du beau monde ! Pis pour la flotte en furie, un corsaire c’est juste ce qu’y faut ! Où qu’il est l’Atlantis ? Ah par là …



- T’as vu ? t’as vu, comment qu’y z’ont calmé l’jeu les vaillants ? En deux coups d’cuillère à pot !
- J’voudrais pas te contrarier mais c’était pas très dur quand même …
- Pas dur ? Pas dur ??? Fallait qu’y se défoncent les valeureux, et tous azimuts encore, avec le grand bleu furibond et les bolides forcenés. J’aurais bien voulu t’y voir toi, tiens, t’aurais fait quoi hein ? Trempette ?
- C’est pas une vague ou deux et des dauphins en route pour la cantine qui m’font peur. Alors trempette, bin pourquoi pas ?
- Dauphins ? T’en as vu où, des dauphins ?
- Dans la flotte ! Où tu veux qu’y soient ? C’était que des dauphins tes fusées à réaction !
- Ah ? T’es sûre ?
- Pfff !
- Dis donc au fait … ça s’mange le dauphin ?
- Dans tes rêves chalice, … au pays des merveilles !


Raymond Crowe – What a wonderful word - shadows
Kodama