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J'allumai une chandelle et observai très sérieusement le paravent qui cachait l'escalier. Les panneaux couleur framboise s'agitaient ; c'était étrange, une marée frémissante semblait s'être emparée des minces lames de bois. Elles formaient des rubans lumineux qui n'avaient rien à envier aux guirlandes des sapins. Peut-être manquaient-elles un peu de fougue ? Non. Blanches, vertes ou jaunes comme le mimosa elles auraient donné des ombres trop franches. Framboise, c'était bien. Ni vraiment rouges, ni tout à fait bleues, déjà brumeuses dans leur délire clignotant.
Je ne disais rien, je tapotais machinalement les coussins et regardais l'édredon qui ondulait comme une mer morte. Sous la lucarne, une fougère mourait pendant que la lumière se perdait dans la poussière. Le silence était décidément trop bruyant ; c’est alors que j’ai examiné l’éventualité d’élire domicile dans le grenier.
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Le grenier, avec les murmures des fantômes et le silence encore plus bruyant...Toutes ces étoffes chatoyantes d'un temps révolu mais...mais je déteste voir mourir la bruyère !
RépondreSupprimerLe grenier magique où le désir fébrile de trouver un trésor se mêle à l'angoisse de tomber sur une énorme araignée, un rat ou un cadavre, où chaque ombre dans la lumière fragile est comme un monde qui s'évapore...Et puis Sleepy Hollow, c'est autre chose qu'Harry Potter...Le coq a toujours un lien avec l'âne quoiqu'on dise, faut pas chercher, faut vivre
RépondreSupprimerFaël, alors la bruyère c'est vert et rose et la fougère c'est vert et vert. Maintenant quand ça meurt, euh ... les deux c'est jaune. Vala vala. Smouackkkk ;)
RépondreSupprimerTiens oui...c'était de la fougère...pourquoi j'ai lu bruyère, moi ? J'aime tant la bruyère, va savoir pourquoi...
RépondreSupprimerSmouackkkk ! :)
Manneken je vais te dire
RépondreSupprimerl'histoire du cadavre qui courait sur un rat
C'est arrivé dans un grenier très mal famé
- la preuve en est : les bruyères y mouraient
Pendant que l'âne se marrait et que le coq chantait -
On ne savait pas si c'était le soir
ou bien le matin
C'était à l'heure indécise
où soufflent les courants d'air
Il y avait justement dans l'air
un relent de poussière et de paille mouillée
Le cadavre trottait, bigleux comme une taupe
droit devant droit devant, remuant en cadence
ses beaux gros gras bras blancs
Il était sourd aussi, mieux qu'une potiche de grès
et n'entendait pas le rat qui criait
arrête-toi gros sac d'os ! Arrête
et sur le champ ! Tu vas m’écrabouiller
comme crêpe de chandeleur
gros rouleau compresseur !
Cliquetant comme un trousseau
de vieilles clés rouillées
le cadavre a foncé
écrabouillant le rat
dans sa course effrénée
L’un n’avait pas tort, l’autre ne l’a pas su
Il courait droit devant droit devant
Tout comme un dératé …
Et l'araignée tu me diras ?
Elle chantait "le pape est mort
un nouveau pape est appelé à régner
Araignée ? quel drôle de nom !
Pourquoi pas libellule ou papillon ?
Elle n'avait rien compris ! Je recommence
"le pape est mort à Sleepy Hollow
dans un grenier très mal famé
un nouveau Crane est appelé
à la rescousse
couscous ? quel drôle de nom
pourquoi pas ....
;)
Oui, oui, j'entends bien ça, le silence trop bruyant, comme un tissu bruissant que des petites mains invisibles font crisser près de l'oreille, et puis l'intérieur du corps qui se met à taper la cadence... Mais heureusement, il y a l'esprit pour faire taire un peu tout ce monde...
RépondreSupprimerEt puis même dans ton grenier, on te trouvera, Koko : il y a tes oreilles de chat pointu qui dépassent; on secouera la poussière sur tes cheveux, et on t'emmènera dehors au soleil voir si l'air est bon...
Des bises, tout pleins
Manneken content, l'a eu son histoire et s'est retrouvé dans des rapides
RépondreSupprimerLa dernière phrase me tracasse et je la ressasse ... cette chute qui marque le début d'une aventure éventuelle, hautement probable, et peut être fantasque. Prendre de la hauteur, loin du quotidien , la promesse d'une nouvelle vie ?
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