lundi 14 février 2011

Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate

*

Ça fait si longtemps que tu n’existes plus

Que je ne sais plus à quoi tu ressembles

Tu peux partir, je m’en fous

Je tue les souvenirs et leurs larmes amères

Tous ceux qui sont passés et ceux qui devaient être

Je m’en fous je te dis, j’efface de ma mémoire

Et les mots et les traces que j’ai crus intouchables

Un par un, comme on enlève les morceaux de son cœur

Quand il devient fou et se brise en éclats

Mais je m’en fous, quand on ne peut plus croire

Il reste le désespoir pour prétendre que l’on vit

L’enfer dans sa grande charité nous laisse encore cette illusion

*

7 Commentaires:

  1. Tu t'en foutras vraiment quand tu auras passé le désespoir. Il y a encore des coups de rames à donner et faut pas laisser couler la coquille. Mais la puissance de ce texte me laisse quelques espoirs sur la capacité de son auteur à franchir les fleuves les plus noirs pour retrouver la lumière

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  2. Mon mouton chéri, je suis exactement, mais alors pile poil dans ce mood. "Souvenir je veux que tu t'endormes..." Ah foutue mémoire qui perd ce qu'on voudrait garder et conserve dans ses fouilles ce qu'on voudrait oublier! "Je m'en fous je te dis" on voudrait tellement s'en convaincre. Perso je me fais des caprices dans la tête, j'ai la raison qui tape du pied et se roule par terre, nan, nan, et naaaaaan! J'veux pu y penser!!

    Bin pour le moment ça marche pas fort. Flûte à bec.

    Je te big hug mon mouton (en fait c'est moins pour toi que pour moi: j'ai des besoins de laine et de douceur là tout de suite)

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  3. Puissant, oui, il a raison Marmot... Me voilà scotchée bien fort sur le coin de ton bureau où tu as écrit ce cri-là... Si on désespère, c'est encore de la vie, oui. Mais ce n'est pas la meilleure façon de passer le temps qui nous est imparti...
    L'espoir est une passion triste, dit Spinoza, mais heureusement il n'a pas médit de l'amitié...
    Bises de douceur, Koko mon héros

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  4. Cathédrale sans garde fou, je porterai le ciel ...

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  5. Entre le futile et l'important, où faut-il placer le désespoir ? Et si c'était futilement une importante question de temps ?

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  6. Tiens, ça me rappelle un truc que j'avais écrit, où ça prétendait de même qu'on s'en foutait, que ça faisait rien... C'est la bouée ultime, ce reniement. Taper dans sa peine comme dans la vermine, jusqu'à l'écraser, l'anéantir, quand c'est la seule issue pour s'en sortir. C'est peut-être pour ça, tout ce grand anéantissement de vécu, après ?

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  7. J'ai toujours crains les "je m'en fous" car ils ont tant à dire.

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