Il était indienEt son frère esquimau
L’un avait trop chaud
L’autre et bien
Sous les feuilles tombantes
S’imaginait la pluie
Et grelottait d’avance
A l’idée que la nuit
Serait couleur d’étoile
Comme il était indien
Il avait peint de rouge
L’arête de son nez
Et mis de la terre sombre
Au creux de ses paupières
Sur ses joues on voyait
De longs traits malmenés
Qui dessinaient des ombres
Et des éclairs
Dorés
Mon frère disait-il
Regarde mon visage
Il brûle comme une flamme
Viens te chauffer approche
L’esquimau se taisait il pensait
Cet homme dont le visage
Jette ses derniers feux
Bientôt il sera mort
La brume déjà lui enserre les pieds
Le vent gèle sur sa peau
Les ocres et les dorures
Il chasse de sa figure
Les poussières orangées
Et rouges comme le sang
Alors nu et froid il tombera
Comme tombe la neige
Et les frimas
Voilà l’hiver qui vient
Il était indien
Et son frère esquimau

Visionnaire ou pessimiste ? Le portrait que se fait l'esquimau m'évoque en même temps les jugements abrupts qu'on peut se faire de ce qui ne nous ressemble pas...
RépondreSupprimer...quoique avec le réchauffement climatique, l'esquimau va plutôt mourir de chaud! Que c'est triste la banquise, quand il n'y a plus qu'd'l'eau. Bon on se fait un powwow? on mangera le pemican en fumant le calumet... Hugh!
RépondreSupprimerMorale de l'histoire... le froid conserve ! Mais, en définitive vaut-il mieux geler toute sa vie ou brûler même un jour d'hiver ?
RépondreSupprimerUne belle trouvaille que ce poème, j'aime beaucoup.
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