Je pleure comme on pleure
Quand le chagrin est mort
Qu’il n’y a plus rien d’autre
A faire qu’à baisser les bras
Je pleure comme on s’absente
Quand on fuit le temps
Qu’il n’y a plus que le présent
Au bout de l’horizon moribond
Je pleure comme on se résigne
Quand l’oubli s’installe
Que la mémoire se perd
Dans les ruines de la déroute
Je pleure comme on abdique
Quand on ne sait plus pleurer
Je pleure comme on disparait
Celui qui pleure a mille vies
N’est-ce pas ?
*
Est-ce qu'il a mille vies, ou bien n'est-ce que le poids dont la vie semble l'avoir écrasé (celui qui pleure...) ?
RépondreSupprimerCe sont des pleurs taris, que tu dépeins là, de ceux dont on dit qu'ils coulent par derrière les yeux. D'avoir trop coulé, ou d'avoir trop entassé les raisons de pleurer... qui font qu'on cesse, qu'on perd cet usage des yeux, comme à se dessécher peut-être ?
C'est assez effrayant, à tenter de le regarder pour ce que c'est. C'est, comme tu dis, l'horizon moribond, l'hic et nunc pour seule raison. J'ose espérer que tu n'en es pas là, toi qui te fais si discrète ces temps-ci...
Mes bises, chère Dame Mouton !
Ou une seule vie passée au mille trous dans la soupière des sentiments broyés. Parfois surgit l'odeur d'un souvenir perdu qui se met à sourire et la joie se reconstruit pierre à pierre.
RépondreSupprimerEuh... alors j'esplique :
RépondreSupprimerDans le poème de là-haut, celui (ou celle ?) qui pleure c'est pas le même au fur et à mesure que le texte se déroule : c'est pas un qui pleure, c'est plusieurs qui pleurent chacun leur tour (ou en même temps). Chacun ayant au moins une vie, qd ils s'y mettent tous, peut-être que c'est ça qui fait les mille vies.
Mais c'est aussi juste un seul, qu'à pas d'bol, ça faut l'dire, parce qu'il lui tombe sur le poil différentes causes/raisons de pleurer. Du coup, dès qu'il a fini, il peut repartir pour un nouveau cycle, une sorte d'autre vie quelque part, et arriver à 1000 lui aussi, tout seul comme un grand. Façon Sisyphe et son caillou, quoi.
D'accord, c'est tordu. Bon.
Sauf que là, c'est peut-être aussi à prendre sous un autre angle :
quand on est au bout du bout du triste, du douloureux, du effrayant, du dramatique, quel sens peut-on encore mettre/donner au fait de pleurer ? Est-ce qu'il y a dans cet état quelque chose d'inéluctable par quoi il faudrait passer obligatoirement, ou est-ce que ce n'est qu'un réflexe d'auto protection ou d'auto défense, pour dépasser un cap, une limite et changer de vie p't'être bien ? 1000 fois ?
Encore plus tordu hein ? Bon.
C'est un poème de Blue qui m'a fait penser/écrire ça. Le sien s'appelle Au bout du nirvana (sur Galaxie, voir colonne de gauche). Juste je me suis demandée ce qu'il pouvait encore y avoir au bout d'un truc sensé être le but ultime. Là c'est pareil. Qu'est-ce qu'il y a au bout des pleurs qd tout le malheur du monde est consommé ? Parce que c'est comme ça que ça se présente : quand tout est accompli, on pleure encore.
Alors à moins de vouloir faire monter en flèche les actions de Monsieur Kleenex, y'a qu'une chose à faire : changer d'vie ... et c'est reparti ! ;)
D'accord, tu l'as déjà dit : c'est T O R D U ! Mais ça sonne très bien qd on le déclame d'une voix forte sous un parapluie. J'ai testé.
Bises et bises.
Ps J'vais bien et j'discrète à cause que Lili rose c'est du taf de galérien, mais je veux pas lâcher, juste pour le fun total que ça procure. Là j'chui au pied du Stromboli, et pour un volcan, çui-là c'en est un qui me fait drôlement piétiner (autant dire y m'fait chier !). Dès que j'en sors, j'me remets à jour par ici.
Hello Manneken,
RépondreSupprimerOn vient d'se croiser au finish ! J'te rejoins complètement avec ta soupière et tes/ses mille trous : c'est exactement ça. J'aurais dû faire patiente, au lieu de me lancer dans le vasouille qui précède. T'as mis les mots qui me sont pas venus pour résumer toute l'histoire.
Mille mercis et de ton passage et de point de vue.
Pleurer ça nettoie les intérieurs. Le désespoir-ou du moins son ressenti, j'ai connu ça plus d'une fois. Moins par rapport à mes malheurs persos que par rapport à la chère de ma chair. Bin curieusement, au fond du fond, ya plus d'eau! C'est tout sec. Ou alors y en a tellement de l'eau qu'on sait plus par quel bout attraper le seau pour tout verser! Mais pleurer bon sang, ça fait du bien. C'est comme arroser une fleur morte et la voir refleurir. Enfin je parle pour moi heinsse, peut-être que pour vous pleurer c'est plonger encore plus bas?
RépondreSupprimerPleurer c'est baisser les bras, pour mieux les relever. Non?
En tout cas ton texte Kod' il pourrait faire une chanson. Qu'interpréterait un artiste comme Brel, ou Barbara. Ils sont morts? Il nous reste plus qu'obispo?? merdeee. (je plaisanteeee! que les fans d'obispo ne se vexent pas: je taquine juste) ^^
Snifff ! chanson ? OK. Alors les paroles, ayé. On demande à Marmotton de faire la zique, et toi tu chââântes. Tu vois, restait pas qu'Obispo. Faut réfléchir des fois aux moyens du bord.
RépondreSupprimerBaisser les bras pour mieux les relever, ouep, on est tous des sémaphores quelque part ;)
Bin j'vousf'rai dire Madame que je chante plutôt bien! Ouais Madame, même pas faux que je chante. Tu veux que je te le prouve? "Je lui dirai les moooots bleusss, ceux qui rendent les gensses zheureuxxx..." Ah tu as vu, ça mérite bien sa place à la tarte académy hein? ^^
RépondreSupprimer"On est tous des sémaphores"? Comme les "copains d'abord" donc, ok je prends!!
Je te fais deux gros bises sonnantes mon mouton, et n'oublie pas ta ptite laine si tu mets le naseau dehors! bisou!
Alors ça en fait cinq qui pleurent ?
RépondreSupprimerJe pleure sur le désamour autant que sur l'amour...
Ah tiens, c'est moi qui t'ai inspirée ?!
En tout cas, j'suis d'accord avec Désirée pour la chanson, quelqu'un comme Brel...[pfttt, y'en a plus des comme lui] mais faudrait rajouter quelques strophes, ouais ouais...!
Bises toul'monde !
Bon, j'ai lu toutes tes explications, tordues dis-tu, mais j'avais tout compris... peut-être parce qu'on doit "pleurer" pareil, en silence, à sec, ou comme une Madeleine, à grands jets, à flots (c'est le meilleur). A propos dans nombre de "civilisations", il y a des "pleureuses", payées et régalées, ça doit bien correspondre à quelque chose, nourrir ceux qui pleurent pas par exemple, qu'ont pas la glande lacrymale sensible, qui se rencognent dans l'aridité où, tout de même, ils ont poussé. Bref, faut pas pleurer sur soi, c'est le pire et ce sel des larmes rend stérile.
RépondreSupprimerEt je pisse comme je pleureee sur les femmes z'infidèles....voilà pourquoi j'ai pensé à Bref ;)
RépondreSupprimerMademoiselle Faël, t'es mon inspiration, tu le savais donc pas ? :o)
RépondreSupprimerAh, heureusement que t'es là Fred pour détordre ma vision d'l'eau et de ses cheminements. Ouep les pleureuses, j'y ai pensé aussi mais je voulais pas trop aller sur cette piste là, de la larmepa r procuration. Quoi que ...
RépondreSupprimerM'sieur le Brel avait des coups d'lumière pour pas faire dans l'mélo hein Dé ? J'dois dire que c'était pas dans mon idée de même penser une seconde que ce poème pouvait avoir un minus reflet du Grand, caché dans la tête des liseurs. Il est trop foudroyant le Jacques pour qu'on imagine même le frôler.
RépondreSupprimerPar contre, y'a quand même un truc sous jacent dans le poème, et ça rejoint l'idée des pleureuses de Fred, c'est le "comportement" des freemen, sur Arakis, qui fondent jusqu'à la vénération pour celui qui pleure sur l'autre, ou pour l'autre, qui va au bout de l'eau, même pour lui. Euh, j'repars dans l'tordu là, nan ?
Et dire que j'me comprends malgré tout, pfiouuuu !
Bon j'vas écrire sur le sable, ça va faire buvard et p't'être sortir les vers. Ca f'ra pas d'mal.
"Il lui donne son eau"...oui, ça m'est resté ce truc. Faut dire que les fremen c'est pas des tendres, z'ont pas la larmiche facile les mecs. Pisser dans le sable ou pleurer pour des nèfles c'est crimes d'eau. Je me souviens très bien du passage dans le bouquin du premier combat de Paul avec un fremen jaloux, lorsque sa mère et lui-même furent abandonnés dans le désert. C'est pas le genre de roman qu'on oublie dès la dernière page.
RépondreSupprimer"Bref"!!!! Non mé, pourquoi j'ai fourché des doigts comme ça?? il était pourtant pas ptit le Jacques??? C'tait pas Pépin son nom!! Bref!! mort de rire de mouamem!!!
C'est joli, ton poème en larmes, Koko qui sait aussi bien pleurer qu'elle sait rire et faire rire.
RépondreSupprimerPleurer pour soi, ça fait du bien, pleurer pour l'autre, c'est de la bonne empathie mais il y en a qui ont oublié, ou qui n'ont jamais su.
Arrakis, j'y retourne souvent, c'est un de mes livres de chevet.
Bises mouillées